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>Avril 2004 - Rallye
des gazelles - Auteur: Christine
Simonnet –Catherine Corne
Équipage 115 WebDomaine.ca/TVA Publications
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Mardi
20 avril 2004 – Tanger.
Il est 13h35, le bateau qui nous amène de Sète
(France) est à quai depuis quelques minutes et je pose enfin
un pied sur le sol africain.
Tanger la belle, Tanger la mythique nous accueille dans le bruit et
l’effervescence de son port fort achalandé en ce début
d’après-midi. Je serre le bras de Catherine, je n’y
crois pas encore, nous sommes au Maroc, à quelques heures de
voiture du Sahara et à deux jours du début du rallye.
Depuis notre arrivée en France, première étape
de notre voyage, tout est allé très vite.

Après avoir récupéré à Albertville
notre véhicule qui est maintenant décoré aux couleurs
de Femme Plus, Dernière Heure et WebDomaine, nous avons rallié
le point de rendez-vous de toutes les équipes à Sète,
dans le sud de la France.

C’est dans cette ville au bord de la Méditerranée
que nous remplissons les dernières formalités administratives,
médicales et techniques. Un parcours mené au pas de course
avec un arrêt obligatoire dans les supermarchés du coin
pour faire provision de cochonnailles (saucissons, pâtés)
et autres douceurs culinaires que nous nous promettons de déguster
pendant les étapes marathons.
Vive de dop tape et les tie-rape
Notre défi de cette première étape ? Faire rentrer
dans le 4X4 les deux grosses malles de matériel et nos deux sacs
d’affaires personnelles que nous convoyons depuis Montréal
ainsi que les chaînes de skidoo, les plaques de désensablage,
les deux pelles louées à l’organisation. Il nous
faut plusieurs heures de cogitations pour tout ranger, scotcher et attacher
jusqu’au papier toilette placé à portée de
main. Vive de dop tape et les tie-rape.
Pendant ces cinq jours, l’ambiance est à la fête.
On tache d’oublier un peu le stress de la compétition qui
s’en vient en faisant la connaissance de ces 150 gazelles venues,
cette année encore, de France, de Hollande, d’Italie, d’Espagne,
du Portugal, de Belgique, du Japon, des États-Unis, du Liban,
du Maroc et bien sûr du Canada. Navigatrice de l’équipe,
je profite de la traversée en bateau pour préparer mes
cartes topographiques. Il me faut les quadriller, les classer, les noter,
etc
C’est pendant que j’effectue ce travail que Danièle
Mane, la cinquantaine et l’accent chantant du sud de la France,
vient me trouver. Elle est intriguée par mes cartes et le gilet
officiel du rallye que je porte. Après avoir rassasié
sa curiosité, je lui demande ce qui l’amène au Maroc.
«Sa fille», me répond-elle avant de me raconter l’histoire
de l’assassinat de Kareen un jour de novembre 1997 au Tadjikistan
alors qu’elle travaillait pour un organisme international. «Elle
est tombée sous le feu croisé des rebelles qui l’avaient
prise en otage et des forces d'intervention spéciales tadjiques.
Quelques jours après son décès, j’ai décidé
de créer l'association Kareen Mane / Aide aux Enfants Démunis,
afin que son engagement auprès des enfants démunis se
poursuive». Elle me parle de ces enfants marocains qui manquent
de tout, de ces familles abandonnées dans la pauvreté
et des malades sans médecins ni médicaments. Je lui parle
de topographie, de course, de commanditaires et de visibilité.
Elle me dit que ces deux mondes ne sont pas forcément incompatibles,
pourvu que l’un n’oublie pas l’autre.
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