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Cérémonial et tradition du thé dans le monde
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Maroc
Historique :
Le thé a été introduit au Maroc et offert sous forme
de cadeau au Sultan Moulay Ismail au XVIIe siécle par un voyageur
danois ou hollandais.
Le déroulement de la cérémonie, la pondération
et l’élégance des gestes, les dimensions philosophique
et esthétique sont autant de volets intéressants à
observer, dans la mesure où ils retracent des aspects historiques
et artistiques du rituel d’une boisson princière qui depuis
s’est démocratisée. Le thé était d’abord
un produit de luxe. Importé de loin, probablement du Kenya, 3e
producteur mondial, ses accessoires l’étaient aussi. Ils
exprimaient le prestige et l’opulence, particulièrement chez
les notables. Plusieurs vieilles familles sollicitées nous parleront
de l’inestimable valeur de vaisselle pour thé, héritée
des aïeux. Jalousement gardées, ces pièces de musée
représentent le récipient à eau communément
appelé babord que nous ne verrons point. "Une pièce
unique se trouve chez une famille d’In Salah", dira une vieille
dame. En cuivre aux trois couleurs, cet ustensile comporte trois paliers
: l’un pour les braises, le second pour l’eau et enfin la
cheminée, le tout sur quatre pieds.
Philosophie
:
La cérémonie du thé dans le Sahara est une tradition,
un art et une philosophie, étroitement liés aux coutumes
d’hospitalité dans la halte du voyageur qu’est l’oasis.
A l’instar de la célèbre cérémonie du
thé japonais, la sagesse à laquelle fait référence
le cérémonial des oasis rattache encore la vie sociale des
habitants à une culture ancestrale. "Elle est fondamentalement
basée sur la recherche de l’équilibre dans un milieu
hostile, la consultation, la contemplation et la bienséance envers
les voyageurs. Etancher la soif d’une caravane sillonnant le désert
avec cette boisson est le summum de la bienveillance", nous dira
un sage d’In Salah.
Préparation
du thé :
La préparation du thé diffère
à quelques détails près, selon les régions.
L’eau est généralement bouillie, elle est froide dans
certaines oasis de l’extrême sud-est du pays. Une dose moyenne
de feuilles de thé, un mélange savant de chaâra (longues
feuilles) et mkâabar (feuilles rondes), une dose de menthe séchée,
sont mises dans la théière de gauche. Après le lavage
des feuilles, de l’eau bouillie est versée sur le mélange
thé-menthe qui sera mis sur les braises pour un bon quart d’heure.
Le
thé échoit dans la deuxième théière,
celle de droite, emplie de menthe fraîchement cueillie, pour être
longuement transvasé de la théière à une grande
chope jusqu’à ce que la boisson devienne mousseuse. La mousse
est synonyme de chance et de fortune, c’est un beau présage.
Selon les goûts, pour des raisons de santé ou par pure fantaisie
de groupes aux affinités communes.
trois verres :
le premier verre
est parfaitement différent. Il peut être totalement exempt
de menthe fraîche, il sera donc servi directement de la première
théière avec ou sans adduction de sucre.
A la saveur un peu amère, il est appelé lerrass (pour la
tête), ou tekyaf pour les fumeurs ou amateurs de narcotiques. Le
second verre, lemnaânaâ est sucré
et parfumé à la menthe fraîche. Il est également
aromatisé à l’essence de menthol ou au clou de girofle
épandus sur le pain de sucre, elkaleb (fameuse masse de sucre blanc
coulée dans des moules coniques). Quant au troisième,
ettali ou lekhfif, il est léger, sucré et fortement aromatisé.
Au-delà du rituel, le plus insolite dans les séances de
thé demeure l’ambiance spécifique qui, si l’on
n’est pas initié aux règles du thé, ne se décèle
que par pur hasard. Le préparateur est effectivement le maître
de la séance, choisi ou imposé par des membres influents
aux affinités communes.
La règle requiert une parfaite obéissance aux exigences
de la djemaâ (assemblée). Ainsi, le rituel devient un jeu
codifié où la victime doit payer, après un forfait
(souvent parler à haute voix, prendre directement un verre sans
la permission du maître ou refuser de continuer la séance),
le tribut exigé par le groupe pour la prochaine séance de
thé (friandises, fruits secs ou viande selon le cas). C’est
tout simplement le charme discret et l’humilité humaine d’hommes
et de femmes issus d’une zone aride qui se mettent en scène
en un moment privilégié.
Houria Alioua
Information
prise sur le site (sahara-marocain.com)
Sahara-marocain.com
Fiche
du thé
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